Premier opus résultant des recherches d’Hugo Capron à la Villa Kujoyama en 2019, cette série de feux d’artifices s’inscrit dans la continuité de ses précédents travaux consacrés à l’exploration des modes opératoires et compositionnels de la peinture.

En conjuguant des ornements pyrotechniques extraits de catalogues japonais du début du XXe siècle avec des motifs d’explosions issus de trames autocollantes pour mangas, l’artiste duplique des formes stéréotypées sur la toile et neutralise son implication dans l’invention et l’agencement des éléments. Armé d’un arsenal pictural minimal (huile, toile, bichromie, répétition), il applique d’une seule traite ses coups de pinceaux sur la couche encore fraîche et atteint une vitesse d’exécution que trahissent en surface les inflexions expressionnistes du pinceau.

Si cette série célèbre une nouvelle liturgie désacralisée de la peinture, sa simplicité rompt avec l’exubérance et l’éclat du motif. En suivant le ductus des étincelles, des fusées et des bouquets fugaces, l’œil du regardeur ne peut qu’être frappé par le spectacle kitch des feux de joie qui explosent sur la toile. Hugo Capron ironise sur l’artificialité même de la peinture et, non sans malice, sur la fugacité de l’intérêt qu’elle suscite. Par le recours à une esthétique exotique et décorative, l’artiste revisite également la fascination mythopoétique du japonisme qui, dès son émergence au milieu du XIXe siècle, n’avait pas manqué de susciter chez les artistes français un formidable engouement qui ne s’est toujours pas tari.


 

Roxane Ilias